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Points clés à retenir
- API restreintes : SAP autorise uniquement les API listées dans son Business Accelerator Hub ou approuvées dans la documentation. Interdiction formelle d’utiliser des API non publiées.
- Innovation menacée : Le DSAG estime que cette politique freine les projets IA des clients et des partenaires, en limitant l’accès aux données métiers pour enrichir les LLM.
- Manque de transparence : L’association réclame des clarifications contractuelles et des délais de transition suffisants pour éviter de perturber les processus existants.
Quand SAP verrouille l’accès aux données
On va voir ensemble ce qui se trame chez SAP. Les API, ces interfaces qui permettent à des applis de discuter entre elles, sont devenues cruciales pour nourrir les modèles de langage (LLM) avec des données d’entreprise. Mais SAP, apparemment soucieux de garder le contrôle, a décidé de restreindre l’accès aux API non validées. Dans son communiqué, l’éditeur précise que seules les API listées dans son Business Accelerator Hub ou approuvées dans la documentation produit sont autorisées. Le ton est clair : interdiction formelle d’interagir avec des API non publiées.
Une décision qui passe mal
Jens Hungershausen, président du DSAG, n’a pas mâché ses mots. Pour lui, cette politique risque de compromettre sérieusement les plans stratégiques des clients. « Pour les scénarios SAP-vers-non-SAP, ça signifie qu’ils ne seront gérés de manière fiable que si SAP a explicitement publié et documenté les interfaces », a-t-il déclaré.
Le DSAG pointe aussi du doigt le flou juridique. Le Business Accelerator Hub et la documentation produit n’ont pas encore un statut contractuel clair. Michael Bloch, membre du conseil d’administration, ajoute : « Du point de vue client, ça nécessite des conditions-cadres fiables. SAP a adopté une position contraire, par exemple avec son Business Data Cloud. » Bref, l’association estime que c’est inacceptable.
Et l’IA dans tout ça ?
Le vrai problème, c’est l’impact sur les projets intelligence artificielle. Les API sont le pont indispensable pour enrichir les LLM avec des données métiers. En limitant l’accès, SAP pourrait bien couper l’herbe sous le pied à ceux qui veulent innover.
Stefan Nogly, directeur technique du DSAG, tempère : « Les intégrations existantes des clients et les solutions des partenaires autorisés ne sont pas concernées. » Mais il précise que ça devrait être explicitement mentionné dans la politique API de SAP. Et il souligne le besoin urgent de clarifications, surtout que des entreprises utilisatrices sont déjà en pleine phase de preuves de concept.
Transparence et délais : le flou persiste
Un autre gros point noir : le manque de transparence. Le DSAG dénonce que la politique API ne précise pas quelles interfaces sont concernées, ni l’étendue de l’impact. « La question est de savoir quelles interfaces sont utilisées dans les solutions des partenaires », interroge Hungershausen.
Pour certaines entreprises partenaires, l’effort pourrait être colossal, voire menacer leur modèle économique. L’association réclame donc plus de temps pour la transition, ainsi qu’un soutien technique et organisationnel pour migrer vers les interfaces gérées par SAP. Sinon, le risque est de voir les clients se tourner vers d’autres fournisseurs.

À 33 ans, je suis un pur produit de la culture « corporate » qui a décidé d’en briser les codes pour vous en livrer une lecture plus authentique. Diplômé d’une grande école de commerce, j’ai forgé mes premières armes pendant cinq ans au sein d’un cabinet de conseil du « Big Four », où j’ai appris la rigueur stratégique tout en observant de très près les dérives du jargon bureaucratique.










