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Ce qu’il faut retenir
- IA et automatisation : 70 % des DRH français les placent en tête des transformations impactant les compétences.
- Décalage de perception : 41 % des salariés jugent que la réponse formation arrive trop tard, malgré l’agilité affichée par les RH.
- Gouvernance floue : Seules 28 % des organisations ont formalisé les règles d’usage de l’IA, creusant un écart entre intentions et actions.
70 % des DRH misent sur l’IA, mais la formation suit à la traîne
On va voir ensemble ce que révèle le dernier baromètre du groupe Cegos, dévoilé en avril 2026 à l’occasion de son 100e anniversaire. L’enquête, menée entre décembre 2025 et janvier 2026 dans 11 pays, interroge 5 500 salariés et près de 500 DRH. Résultat : 70 % des DRH français placent l’IA et l’automatisation en tête des transformations qui chambouleront les compétences dans les deux prochaines années. C’est net, sans appel.
Mais le bât blesse quand on regarde la suite. 77 % des RH en France estiment leur organisation assez agile pour répondre aux besoins en formation. Problème : seuls 7 % la jugent « très agile ». Autrement dit, on frôle le paradoxe : les entreprises ont intégré l’urgence, mais peinent à passer à l’action concrète. Le gap entre le dire et le faire, je l’ai observé mille fois dans mes missions de conseil.
Côté salariés : le cri du cœur pour une formation rapide
Dans ce sens, il est intéressant de creuser la position des salariés. 90 % d’entre eux considèrent que leur organisation répond à leurs besoins de formation. Mais, c’est le revers de la médaille : 41 % (le même chiffre qu’au global) estiment que la réponse arrive trop tard. Parfois plusieurs semaines ou mois après l’expression du besoin. Le but est de réduire ce délai pour garder la compétitivité.
Les chiffres inquiétants s’accumulent : 13 % des salariés français affirment ne déjà plus avoir les compétences nécessaires pour exercer leur métier. 14 % supplémentaires pressentent que cela pourrait arriver rapidement. L’objectif pour les DRH est de capter ce signal fort. Ça passe par une refonte des process de formation.
Règles d’usage : une majorité de flou artistique
Comme on l’a vu précédemment, les intentions sur l’IA sont massives. Pourtant, les faits sont têtus : seules 28 % des organisations en France ont formalisé et partagé les règles d’usage de l’IA. 87 % des DRH français se disent capables d’intégrer les impacts des évolutions technologiques sous trois ans. Mais dans la réalité, le cadre n’est pas encore stabilisé.
« On a la volonté, mais on manque de garde-fous : chacun fait son marché des outils, souvent sans concertation. » – témoignage d’un responsable formation dans une ETI du secteur bancaire.
Pour aller plus loin, notons un contraste : l’Asie semble bien plus rapide dans la formalisation. L’Hexagone a encore des progrès à faire pour aligner le discours sur la pratique.
GenAI : l’usage personnel devance l’usage pro
En tant que stratège éditorial, je vois tous les jours ce fossé. Les salariés français expérimentent l’IA générative à 69 % à titre personnel, mais seulement 54 % à des fins professionnelles. L’outil est connu, mais pas encore intégré dans le quotidien du travail.
Perception nuancée côté collaborateurs : 33 % pensent que la GenAI améliorera productivité et créativité, 48 % qu’elle remplacera certaines fonctions, et 23 % qu’elle créera de nouvelles opportunités. C’est un cocktail d’espoir et de crainte. Les DRH, eux, sont plus optimistes : la moitié anticipent un gain de productivité, un tiers une transformation en profondeur des métiers. Seuls 10 % jugent l’impact faible à court terme.
Horizon 2035 : un monde du travail plus technocentré
À l’horizon 2035, salariés et DRH s’accordent sur une vision : le travail sera plus technocentré (données, algorithmes, IA), plus nomade, plus agile. Les équipes sont confiantes : note moyenne de 7/10 sur leur capacité à s’adapter. Mais le vrai défi, selon un quart des répondants français, sera de développer les compétences humaines distinctives face à l’IA.
Par comparaison, l’accompagnement de la transition écologique ne mobilise que 15 % des salariés et 7 % des DRH. Un décalage qui en dit long sur les priorités actuelles. L’enjeu est désormais de transformer cette confiance en actions concrètes.
Pour finir, je te laisse avec cette question : comment ton organisation prépare-t-elle ses équipes à ce choc de la formation et de l’IA ? Si tu veux aller plus loin, je te conseille de suivre les prochains webinars de Cegos sur le sujet.

À 33 ans, je suis un pur produit de la culture « corporate » qui a décidé d’en briser les codes pour vous en livrer une lecture plus authentique. Diplômé d’une grande école de commerce, j’ai forgé mes premières armes pendant cinq ans au sein d’un cabinet de conseil du « Big Four », où j’ai appris la rigueur stratégique tout en observant de très près les dérives du jargon bureaucratique.










